ANAHATA - 2021

Ma démarche est intimement liée aux couleurs de la nature selon la lumière du moment T.

L’étymologie même du mot Photographie en est le sens : peindre la lumière.

 

Cette série est née d’une interrogation faite par un ami peintre lors d’échanges autour de nos pratiques réciproques.

Comment exprime-je dans mes prises de vue cette évidence linguistique ?

La technique est bien sûr importante et sa maîtrise la transforme en outil d’expression. Je la mets au service de l’intuition.

Les limites imposées par la machine me contraignent au dépassement pour saisir ce que mon « œil » devine.

 

Ici, ce qui me saisit est le cercle vertueux d’une couleur au milieu des autres : VERT, la nature, l’équilibre, le cœur, la vie.

Ma vie en pleine nature, dans la luxuriance de la forêt tropicale me l’a rendue familière et conscient de sa force innée.

Où que je sois, elle se rappelle à moi-même dans un détail.

Dans le cycle du vivant, le VERT, exprime l’heure du réveil.

 

Je suis l’arbre qui inspire le CO2, le transforme en O2 pour permettre la vie , me liant indéniablement au vert.

Quand j’inspire, je traduis la même fonction en me permettant d’être vivant, ma raison d’être.

Ma photographie, est le bruit secret, non produit, de mon cœur, celui là même qui reçoit l’oxygène de l’arbre.

Si je ne transmute pas l’émotion, quel qu’elle soit, le calme ne se produit pas et l’image n’apparait pas ;

Sans arrière-pensée, en faisant le vide, je respire pour saisir ce bruit non produit à l’extérieur, pour capter ce que je vois et lui apporter l’intensité et la beauté du moment fut-il d’une nano seconde, une essence ; ANAHATA.